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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 10:47
Décès de Stéphane Steeman, un amoureux de l'oeuvre d'Hergé

Hergé était l’idole absolue de Stéphane Steeman. Les deux hommes se fréquentaient. Et en 1984, lorsque fut fondé un Club des amis de Hergé, l’humoriste en est devenu le président évident. Il l’est resté pendant vingt-cinq ans. “S’il me fallait parler en un mot de Hergé, je retiendrais sa gentillesse inimaginable. Il était aussi d’une timidité extraordinaire et, dans le travail, d’un perfectionnisme total. Il était très exigeant avec ses collaborateurs.”

Stéphane fut un des principaux collectionneurs de Tintin et de l’univers d’Hergé. “Je suis incapable de me rappeler dans quelles circonstances je suis entré dans l’univers de Tintin. Mais j’étais tout petit et ce devait être avant la guerre, puisque mes premiers albums étaient encore en noir et blanc. Puis les albums de Tintin sont sortis en couleurs. J’étais fasciné et, comme un imbécile, je me suis précipité pour échanger mes albums : j’étais tellement heureux en donnant deux albums noir et blanc contre un album couleurs. Aujourd’hui, je me le reproche encore. Mais ça prouve bien que je ne suis pas né collectionneur… Mais le moment où j’achetais un nouvel album était, pour moi, un moment sacré !”

Sa première rencontre avec Hergé
Elle date de 1953. Stéphane Steeman avait alors 19 ans : “Mon père me répétait toujours qu’il n’y avait pas que Tintin dans la vie. Inlassablement, je lui répondais : Non, il y a aussi Milou ! Et c’est mon père qui m’a dit un jour : Mais si tu veux rencontrer Hergé, va le voir ! Mon père et lui se connaissaient et, par la suite, un professeur d’université, Michel Graulich, a attiré mon attention sur le fait qu’il existait des points communs entre les livres de mon père et les albums de Tintin. Notamment des dialogues dans Les sept boules de cristal . J’ai donc téléphoné à Hergé qui m’a fixé un rendez-vous et, quelques jours plus tard, je sonnais à sa porte, à Boitsfort. Par la suite, il m’a avoué qu’il avait été très surpris. Il s’attendait à recevoir un enfant et j’arrivais en militaire impressionné. Ce jour-là, il m’a confirmé qu’il lisait les romans de mon père et il aurait aimé que mon père lui écrive un scénario. À condition qu’il n’y ait pas de mort ! Je l’ai dit à mon père qui, blasé, m’a répondu : “Qu’il me téléphone alors !” Ça ne s’est évidemment pas fait.”

Une belle collection
Il avait reçu, d’une journaliste, l’album On a marché sur la Lune dédicacé par les trois astronautes du premier vol lunaire, Armstrong, Aldrin et Collins. Album qu’il s’est empressé de faire signer aussi par Hergé. C’est devenu assurément la pièce maîtresse de la collection Hergé que Stéphane entretenait passionnément. Il suffisait d’entrer dans sa maison d’Ixelles : Tintin était partout. Pas seulement Tintin. Il y avait aussi Sacha Guitry.

Pour en revenir à l’univers d’Hergé, il avait deux autres fiertés : la princesse Lilian lui avait offert un Tintin chez les Soviets, d’une édition tirée à 500 exemplaires en 1969, que Hergé avait dédicacée à “S.M. le roi Léopold et à S.A.R. la princesse Lilian.”

L’autre était un stylo, le stylo personnel de Hergé. Qui fut offert à Stéphane Steeman par l’homme qui géra, un temps, l’héritage artistique du père de Tintin. “J’ai conservé tout ce qui m’était précieux. Notamment des dessins de Hergé, des dédicaces… À l’époque, on me traitait de fou lorsque j’achetais un dessin pour 80.000 francs. Mais je répétais qu’un jour Hergé serait le Van Gogh de la bande dessinée. Je ne me suis pas trompé.”

 

Article issu de La Libre.be

Exposition "Tout Hergé" à Welkenraedt

Le Welkenraedtois René Schyns doit aussi une fière chandelle à Stéphane Steeman. C’est grâce à lui qu’ont été lancées les grandes expositions de Collections et patrimoines. Tout a démarré en 1991, quand René Schyns a voulu créer un gros événement pour le 20 e anniversaire du Festival de Welkenraedt. Stéphane Steeman lui a alors proposé d’exposer sa collection d’objets liée à Tintin. C’est comme cela qu’est né « Tout Hergé », qui, en deux mois et demi, a attiré 250.000 personnes à Welkenraedt. A redécouvrir à travers la vidéo ci-dessus.

Pour rappel, c'est ainsi que le 11 août 1991, la fusée Hergé 1 (réplique miniature) décollait justement de Welkenraedt. Il s’agissait alors du premier lancement de ce type depuis le sol européen. Un exploit technique, qui avait attiré la grande foule et un vaste parterre journalistes. Vous pouvez le redécouvrir en cliquant ici.

 

L'association présente ses sincères condoléances à la famille et aux proches de Stéphane Steeman.

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11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 23:09

Samedi et dimanche, des rassemblements de masse ont eut lieu, en hommage aux victimes des attentats de trois jihadistes, notamment contre l'hebdomadaire Charlie Hebdo à Paris.

A l'image d'Uderzo, "Les tintinophiles c'est nous" ne pouvaient qu'envoyer un message de soutien aux victimes et se mobiliser en faveur de la liberté d’expression.

 

Juste un hommage...

Nous sommes tous Charlie.

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28 décembre 2014 7 28 /12 /décembre /2014 20:20

Qu'est-ce que la BRAFA (Brussels Antiques and Fine Art Fair)

L’asbl Foire des Antiquaires de Belgique a pour but de grouper les antiquaires exposant et d’organiser annuellement à leur intention cette foire nationale et internationale. La Brafa est une des plus prestigieuses foires d’art et d’antiquités d’Europe où toutes les œuvres d’art présentées sont à vendre. La Brafa est une foire éclectique offrant avec une très large variété de spécialités depuis l’Antiquité jusqu’au XXIe s.: archéologie, arts primitifs, arts asiatiques, argenterie, bijoux, numismatique, mobilier et objets d’art de la Renaissance jusqu’au XXIe s., vintage, tableaux anciens et modernes, art contemporain, sculpture, céramique, porcelaine, tapis, tapisseries, dessins, bandes dessinées, gravures, livres anciens et modernes, photographie et autographes.
Les 130 exposants représentent divers pays dont la Belgique (40%), l’Allemagne, le Canada, l’Espagne, les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l'Hongrie, l’Italie, le Luxembourg, Monaco, le Portugal, les Pays-Bas et la Suisse. On peut noter une moyenne de 55 000 visiteurs.

 

Un champignon plus cher que la truffe

Lors de la prochaine Brafa, qui se tiendra à Bruxelles du 24 janvier 2015 au 1er février 2015, la galerie belge Huberty-Breyne mettra donc en vente la couverture originale de L'Étoile mystérieuse signée de la main d'Hergé.

Pour cette couverture du dixième album des Aventures de Tintin, la mise en vente s'élève à 2,5 millions d'euros. L'organisation justifie cette somme jamais atteinte pour ce genre d'illustration en expliquant qu'il s'agit là d'une des quatre seules couvertures de Tintin détenue en collection privée. Les dix-neufs autres couvertures des albums du célèbre reporter à la houpette sont entre les mains de Fanny Rodwell, la seconde femme du dessinateur belge.

Cette somme astronomique se rapproche du record mondial atteint pour une double page à l’encre de chine de 1937 réalisée pour les pages de garde des albums de "Aventures de Tintin" et vendue aux enchères par Artcurial en mai 2014 pour 2,65 millions d’euros frais inclus.

<p id="yui_3_5_0_1_1419794406374_21459"><span style="font-size:9px;"><span style="font-family: georgia,serif;">&copy; Herg&eacute; Moulinsart 2014</span></span></p>

<p id="yui_3_5_0_1_1419794406374_21459"><span style="font-size:9px;"><span style="font-family: georgia,serif;">&copy; Herg&eacute; Moulinsart 2014</span></span></p>

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26 décembre 2014 5 26 /12 /décembre /2014 19:32

À Noël, tous les jouets n’étaient pas à la fête en Seine-Maritime. Les figurines de Mickey, Tintin etAstérix ne seront plus fabriquées dans le département. À Neufchâtel-en-Bray, l’une des entreprises qui faisait la fierté de la capitale du fromage de cœur, fermera définitivement ses portes le 31 décembre 2014.
L’entreprise Leblon Delienne comptait une vingtaine de salariés, qui fabriquaient ces figurines de bandes dessinées.

"Nous avions le label Entreprise du patrimoine vivant. Cette décision du tribunal de commerce de Dieppe est ahurissante. Nous sommes tous sous le choc », témoigne le dirigeant de la société, Laurent Buob, sur Normandie-actu."

Le tribunal de commerce de Dieppe a en effet rejeté l’unique offre de reprise, celle de la sociétéArtoyz. L’entreprise Leblon Delienne était placée en liquidation judiciaire depuis plusieurs semaines, avec une poursuite d’activités jusqu’au 19 décembre 2014. « La décision de fermeture est tombée le 23 décembre 2014, dans la soirée », se désole Laurent Buob qui avait repris la société en 2007.

« C’est un savoir-faire qui disparaît en Normandie et part vers le Chine »

Leblon Delienne était pionnière dans son domaine. Elle tient son nom de celui qui a eu l’idée de créer des statuettes à l’effigie des personnages de bandes dessinées et de dessins animés. Le personnage de Tintin était notamment l’une des spécialités de l’atelier du Pays de Bray, un contrat avait été signé en 1983 avec les ayant-droits d’Hergé, le créateur de Tintin. Astérix, Disney, Playmobil, Bécassine, Les Schtroumpf, Monsieur Madame, l’univers des figurines de bois, puis de résine, était large.
« C’est un savoir-faire qui disparaît en Normandie et part vers le Chine. Nous étions l’une des dernières entreprises à résister en Europe. Et ce sont 25 emplois équivalent temps plein qui sont perdus », insiste Laurent Buob. L’idée de créer une Société coopérative et participative (Scop) est aujourd’hui à l’étude.

 

Leblon Delienne ferme ses portes

L'histoire de Leblon Delienne

 

La genèse:

Un artiste sculpteur qui a un talent unique, celui de donner vie à des personnages de bandes dessinées, invente un nouveau métier et crée la société Leblon-Delienne, spécialiste de la statuette de bande dessinée en édition limitée en s’entourant d’une équipe de compagnons.

 

Quelques dates clés:

1983 : Signature du premier contrat de licence avec les ayants-droit d’Hergé pour une collection de marionnettes en bois


1987 : Création des premières statuettes en résine « Tintin fait du yoga » qui bouleverse les passionnés de bande dessinée

 

Lebon-Delienne se révèle pionnier dans la création de statuettes de personnages de BD et s’impose progressivement comme la référence en termes de statuettes de personnages de BD ‘franco-belges’ au style ‘ligne claire’. Représentation en séries limitées des héros de notre enfance inspirés de personnages issus dela BD ou du dessin animé, les statuettes sous licence signées Leblon-Delienne sont reconnues comme la référence dans l’univers dela BD franco-belge avec plus de 500 créations.

Fort de sa position de leader en Europe, Leblon-Delienne élargit aujourd’hui son champ de licences à de nouveaux univers : Les mangas avec les licences mythiques Dragon Ball et Dragon Ball Z, Playmobil (précurseur des art toys ou design toys) et les animations anglo-saxonnes avec la licence Power Puff Girls.

 

2002 :
-Déclinaison naturelle du style Leblon-Delienne aux objets de décoration sous licence comme Barbapapa : en faisant vivre des personnages à travers des pièces pertinentes, fonctionnelles, LD génère des émotions rares qui magnifient les objets du quotidien;

-Création des premières pièces de mobilier (ligne B.A-BA). Les pièces tout en rondeur inspirées de notre imaginaire d’enfant traduisent l’esprit de la gamme « Interior Design » Leblon-Delienne comprenant tables, poufs, sièges, paravents,…

2007 : Nouvelle étape de croissance: reprise de l’entreprise par l’actuel dirigeant, Laurent Buob, ingénieur et homme d’affaire passionné de design, de meubles et de bandes dessinées.

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24 décembre 2014 3 24 /12 /décembre /2014 14:49

Toute l'équipe de l'association "Les tintinophiles c'est nous" vous souhaite un Joyeux Noël !

Joyeux Noël !
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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 13:20

Lors de la vente de Millon & Associés, une couverture du Petit Vingtième signée Hergé a été vendue 539.880 euros.


Le marché de la bande dessinée à la cote. Après la vente record d'une aquarelle d'Hugo Pratt fin novembre, c'est au tour d'Hergé d'établir un nouveau record: une couverture du Petit Vingtième représentant un moment clé du Sceptre d'Ottokar a atteint dimanche dernier à la salle de ventes Millon & Associés la somme de 539.880 euros. Évalué entre 350.000 et 400.000 euros, ce dessin marque un record mondial pour une couverture signée Hergé.


Pièce-maîtresse de la vente, cette encre de Chine et crayon réalisée en 1939, avait été évaluée entre 350.000 et 400.000 euros. Le dessin représente la scène où Milou rapporte à Tintin et au roi Muskar XII de Syldavie, le sceptre d'Ottokar.


La couverture du Petit Vingtième faisait partie d'un lot de 101 œuvres originales de la bande dessinée franco-belge et dont 86 d'entre elles ont été vendues, pour un total de 1,89 million euros.

 

Source : LeFigaro.fr

<p><span style="font-size:9px;"><span style="font-family: georgia,serif;"><span class="st">&copy; Herg&eacute; Moulinsart 2014</span></span></span></p>

<p><span style="font-size:9px;"><span style="font-family: georgia,serif;"><span class="st">&copy; Herg&eacute; Moulinsart 2014</span></span></span></p>

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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 12:28

Nouveau secrétaire général de l'UMP, Laurent Wauquiez imagine sa rencontre avec le héros de son enfance. Voici leur discussion, autour du bien et du mal, de l'avenir et des enjeux politiques.


Il m’avait fixé rendez-vous dans un vieux restaurant syldave de la rive droite. L’endroit est réputé pour son szlaszeck, un plat de viande un peu lourd et à la recette douteuse. Il arrive enfin, léger retard, allure vive, son trench-coat un peu usé à la main, suivi par la silhouette blanche du célèbre fox. Le vent qui souffle fort a décoiffé sa houppette inimitable. Il faudrait songer à lui recommander un vrai coiffeur.


Je ne peux m’empêcher de penser, en lui faisant signe de la main, aux nuits blanches passées à lire sous la couette à la lampe de poche ses aventures chipées dans la bibliothèque de mon frère, aux jeux sans fin que nous inventions pour arrêter Rastapopoulos ou le sinistre docteur Müller. Héros de ma jeunesse, référence confuse restée enfouie en moi, Tintin, c’est la part de l’enfant qui sommeille en chacun de nous. Le rencontrer c’est prendre le risque d’être déçu ou subjugué.


Les années semblent n’avoir aucune prise sur lui et c’est en vain que je scrute des rides sur son visage de jeune homme de 84 ans. Certes, il a l’air plus posé et ce n’est plus tout à fait le gamin impétueux capable de sillonner les routes de Chine ou d’Amérique avec ses culottes de golf. Mais on sent toujours en lui ce souffle juvénile qui a moins à voir avec l’âge qu’avec une éternelle fraîcheur, certains diraient une forme de naïveté. Oui, il est toujours jeune et cette fraîcheur fait du bien.


Il pose son imper à côté de mon manteau rouge avec un sourire un brin moqueur. « Alors vous vouliez me rencontrer ? Mais vous ne savez pas que quand on est un politique et qu’on veut faire l’important, ce n’est pas avec Tintin qu’on demande un rendez-vous ! Il faut prendre De Gaulle, Clemenceau ou Bonaparte, à la rigueur Churchill pour faire chic. Mais moi, le petit reporter de BD, personnage fictif, je n’existe même pas. Et pourtant, vous avez formulé le vœu de faire ma connaissance ! Ce n’est pas sérieux, jeune homme. » Il a évidemment raison, mais moi c’était avec lui que je rêvais enfin d’échanger. « Ne faites pas le faux modeste, lui dis-je. Vous savez ce que disait le général de Gaulle : “Mon seul rival international, c’est Tintin ! Lui comme moi, nous sommes des petits qui ne se laissent pas avoir par les grands.” » Je lui propose un apéritif. « Vous auriez dû inviter le capitaine Haddock ! » me répond-il en commandant une eau minérale, de Klow, bien sûr.


Nous commençons la discussion avec ses souvenirs du XXe siècle. Tout de même, j’ai en face de moi quelqu’un qui a dénoncé les horreurs du communisme soviétique, vu les méfaits de l’invasion japonaise en Chine, défendu la cause des Indiens aux États-Unis, combattu les premières émergences de terrorisme, ça mérite un peu de respect. Ce qui me fascine, c’est la façon dont il a appréhendé chaque tournant de l’histoire, dont il a senti les choses venir, nous qui, ces temps-ci, semblons si craintifs face aux défis de l’avenir. « Vous savez, ajoute-t-il, mon époque était aussi celle d’une France heureuse, somme toute, où l’on croyait à l’idée de progrès et où rien ne semblait impossible, aller sur la Lune comme partir en congés payés. Vous qui parlez des classes moyennes, vous auriez adoré cette période des Trente Glorieuses et d’une France en paix avec elle-même. Mais rien n’est perdu, n’est-ce pas ? Cela peut revenir. »
J’en profite pour rebondir : « Et les femmes ? » Je le sens gêné. « On ne peut pas dire qu’il y ait eu beaucoup de femmes autour de vous ni qu’elles aient tenu le beau rôle, entre la Castafiore et Peggy, la dernière femme d’Alcazar...
– En somme, vous voulez savoir si je suis gay ? Vous avez trop fréquenté la Manif pour tous. Vous voulez vraiment voir du sexe partout. La réalité c’est que je viens d’un univers plutôt pudique et asexué. Eh bien j’assume ! Quant à mon lien avec Tchang, c’est une belle histoire d’amitié. Ça vous choque ? Faut-il toujours tout questionner ? Tout mettre en doute ? »
J’ai envie de le bousculer un peu et de l’attaquer sur ce côté pur et lisse : « Vous êtes le héros sans défaut ni tentation, celui qui traque les méchants à l’autre bout de la planète, affronte les trafiquants de drogue, débusque les marchands d’esclaves, renverse les dictateurs et sauve même la planète d’une invention destructrice pire que la bombe nucléaire. Héros parfait luttant contre le mal, vous ne trouvez pas que ça a un côté boy-scout agaçant ? »
Il me regarde droit dans les yeux, fermement.
« Eh bien oui, j’assume ! Vous préférez le côté désespérant de votre époque, où l’on ne croit plus en rien, où chaque conviction est immédiatement mise sur le compte du calcul personnel ? Vous trouvez que ce milieu politique où vous évoluez, parfois si gangrené de l’intérieur, est mieux ? Oui, je suis un héros de bande dessinée ! Oui, je saute dans les décapotables ou je prends les commandes d’un avion pour pourchasser aux quatre coins de la planète tout ce qui incarne le mal ! Et, oui, je n’ai au fond que peu de vices cachés ! C’est comme ça ! On n’est pas toujours obligé d’être du mauvais côté, vous savez. Vous me dites que les gens m’aiment bien malgré les années qui passent. C’est peut-être simplement parce qu’ils aiment l’intégrité, l’honnêteté et la fidélité. Tout n’est pas que calcul, il y a la part des convictions et de la sincérité. Et dans un monde qui doute, c’est peut-être ce qui me rend paradoxalement si moderne, ou plutôt intemporel. »


Il est désarmant de certitudes tranquilles, ce Tintin. Comme j’aimerais au fond que ce même souffle se retrouve en politique.
« Je reconnais qu’en politique les choses ne sont pas si simples, poursuit-il. Pour moi, c’était plus facile : j’ai protégé le roi Muskar d’un complot, renversé Tapioca et combattu les cryptonazis bordures. Mais j’ai aidé des types qui n’étaient pas toujours très nets : l’émir du Khemed ou le général Alcazar n’étaient pas des modèles de vertu. L’essentiel est que j’ai toujours suivi mes convictions. Retenez bien ça, jeune impertinent. »


J’en rajoute une couche : « Et au Congo, vous n’avez rien dit ou fait contre les excès du colonialisme ! » Il le concède : « C’est vrai, je le reconnais. Hergé lui-même a corrigé les choses par la suite ! » Avant de me lancer tout à trac : « Vous cherchez les vrais héros ? Mais vous savez, faire de la politique aujourd’hui serait au-dessus de mes forces... Moi, au début de chaque histoire, je savais qu’après 62 pages, j’allais triompher des méchants et rentrer à Moulinsart. Pour vous, c’est l’incertitude permanente. Pourtant je ne crois pas à la fatalité, il y a toujours une possibilité d’inverser le cours de l’histoire, cela vaut aussi pour la politique. Il faut continuer à y croire. » Décidément, Tintin a l’enthousiasme communicatif. Avec lui tout semble simple.


La conversation se poursuit sur un mode plus léger. Mes questions se bousculent. Pourquoi le capitaine Haddock fait-il irruption à la fin du Pays de l’or noir ? Comment Tintin peut-il parler éléphant dans Les Cigares du pharaon ? Comment supporter Séraphin Lampion sans s’énerver ?


Il est tard. Il fait déjà nuit.
Tintin a raté son vol 714 et moi la séance des questions à l’Assemblée nationale ! Je choisis de marcher – ça m’aidera à digérer le szlaszeck. Mes questions demeurent. Où sont les Tintin d’aujourd’hui ? La politique et notre époque sont-ils condamnés à ce doute permanent ou y a-t-il encore une place pour ces héros positifs, prêts à bondir sur une moto et à se lancer crânement vers l’avenir ?


Cette conversation impossible est parue dans le numéro7 (janvier 2014) de Vanity Fair.

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8 novembre 2014 6 08 /11 /novembre /2014 10:44

Le magazine b.spirit est disponible sur tous les vols moyens et longs-courriers de Brussels Airlines. L'édition bimensuelle de novembre / décembre 2014 met à l'honneur le Musée Hergé et notre héros préféré qui occupe une place de choix dans les salles de ce temple de la BD.

<p ><span style="font-size:9px;"><span style="font-family: georgia,serif;">&copy; Herg&eacute; Moulinsart 2014</span></span></p>

<p ><span style="font-size:9px;"><span style="font-family: georgia,serif;">&copy; Herg&eacute; Moulinsart 2014</span></span></p>

Notons également que Brussels Airlines ouvre "The Loft" au Brussels Airport : il s'agit d'un nouveau salon d'affaires qui allie confort, technologie, design et gastronomie belge. Tintin y réside comme figure emblématique. Un espace aménagé permet de vous amuser, notamment en jouant sur de grands écrans tactiles.
Le Musée Hergé est un des ambassadeurs de ce salon phare de l'aéroport de Bruxelles.

<p ><span style="font-size:9px;"><span style="font-family: georgia,serif;">&copy; Herg&eacute; Moulinsart 2014</span></span></p>

<p ><span style="font-size:9px;"><span style="font-family: georgia,serif;">&copy; Herg&eacute; Moulinsart 2014</span></span></p>

Source : Tintin.com

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6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 21:02

Hergé ayant décidé que Tintin mourrait avec lui, le reporter à la houppe ne sera jamais repris par un autre dessinateur, en tout cas pas avant son entrée au domaine public en 2053 (soit soixante-dix ans après la disparition de son créateur). Cette situation n’empêche pas Moulinsart SA, la société belge chargée d’exploiter l’image du personnage, de créer régulièrement des événements afin d’empêcher que le fonds ne s’amenuise. Le prochain risque d’animer la corporation des tintinophiles puisqu’il est question de coloriser Tintin au pays des Soviets (1930), le premier album de la série. Le projet pourrait voir le jour en 2017, année du centenaire de… la révolution russe ! La colorisation sera réalisée par Michel Bareau, le directeur artistique de Moulinsart et anciennement de Casterman. Malgré l’absence de nouveautés, Tintin reste un blockbuster de l’édition de bande dessinée puisqu’il se vend chaque année entre 600 000 et 800 000 albums de ses aventures dans le monde (chiffre qui atteint le million quand Hollywood produit une adaptation cinématographique).
Source : LeMonde.fr

 

En 1930 "Tintin au Pays des Soviets" était édité sous sa seule version connue à jour, c'est à dire en noir et blanc". Les huit albums qui lui succédèrent parurent d'abord eux aussi sous cette forme avant d'être mis en couleur entre 1945 et 1955.
"Tintin au Pays des Soviets" était quant à lui sacrifié, Hergé ne le jugeant plus d'actualité ne le mis jamais
en couleur... Sauf 2 planches.

<p><span style="font-size:9px;"><span style="font-family: georgia,serif;">&copy; Herg&eacute; Moulinsart 2014</span></span></p>

<p><span style="font-size:9px;"><span style="font-family: georgia,serif;">&copy; Herg&eacute; Moulinsart 2014</span></span></p>

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25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 19:05

A l’occasion de la sortie du hors-série Ouest-France et Historia Tintin et la mer, l’association LES 7 SOLEILS propose une soirée sur ce thème le vendredi 7 novembre. Initialement fixée au 24 octobre cette soirée a dû être reportée en raison de l’indisponibilité de la salle pour cause de travaux. Au programme deux interventions illustrées : les rôles de la mer dans les aventures de Tintin, d’une part, et Hergé et les bateaux, d’autre part.

Présenté dans un format album, ce hors-série conçu par les collaborateurs du magazine Historia et du quotidien Ouest-France explore en treize séquences le thème de la mer à partir des aventures de Tintin.

Des courses des corsaires au XVIIe siècle aux chants de marins en passant par les paquebots, cargos, yachts, la radiotélégraphie, les sous-marins, les superstitions, etc.., ce numéro richement illustré aborde en 128 pages de multiples facettes de l’univers maritime.


Fiction et réalité

Sans oublier Saint-Nazaire et les réalisations dues à notre association Les 7 Soleils. « “L’album Les 7 Boules de Cristal rend hommage à ce port tourné vers l’Amérique, » est-il souligné dans ce hors-série. « Et celui-ci salue à son tour le fameux reporter ! Une fascination réciproque qui entremêle fiction et réalité.” »

Le thème s’est évidemment imposé pour ouvrir la saison 2014-2015 des rencontres de l’association LES 7 SOLEILS. Cette première soirée aura lieu le vendredi 7 novembre, de 19h à Agora 1901, rue Albert de Mun (près du théâtre) à Saint-Nazaire.

Au programme deux interventions, illustrées par un diaporama, d’une demi-heure chacune afin de laisser du temps à un échange avec la salle.


Matrice

Jean-Claude Chemin, président des 7 Soleils, parlera des rôles de la mer dans les aventures de Tintin : de la mer incontournable quand, avant que l’avion ne le supplante, le bateau était l’indispensable moyen pour passer d’un continent à un autre, à la mer matrice d’une nouvelle façon pour Hergé de mettre en scène ses personnages.

Puis Yves Horeau, président d’honneur des 7 Soleils et auteur du best-seller Tintin, Haddock et les bateaux rappellera comment Hergé a dessiné ces fameux navires aux noms à jamais évocateurs : Karaboudjan, Sirius, Ramona, Licorne...

Entrée libre.

<p><span style="font-size:9px;"><span style="font-family: georgia,serif;">&copy; Herg&eacute; Moulinsart 2014</span></span></p>

<p><span style="font-size:9px;"><span style="font-family: georgia,serif;">&copy; Herg&eacute; Moulinsart 2014</span></span></p>

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